Cinéphile m'était conté ...

Cinéphile m'était conté ...

Europe centrale et orientale


Adieu à l'innocence (L'écuyère)

 La romancière slovaque Ursula Kovalyk n'avait pas pleinement convaincu avec Une femme de seconde main, son premier livre traduit en français. L'écuyère, malgré une relative brièveté, est bien meilleur, trouvant parfaitement un ton original mêlant poésie, humour narquois, et franche causticité, parfois. Le personnage principal, Karolina, une pré-adolescente, et son émancipation progressive sont pourtant monnaie courante dans la littérature mais Ursula Kovalyk échappe aux clichés éventuels en faisant de son héroïne une fillette de "seconde main", vivant dans une famille dysfonctionnelle et intégralement féminine et finissant par passer son temps dans un centre équestre où elle rencontre une future amie de son âge, aussi peu orthodoxe qu'elle. Il est évident que la romancière aime les personnages marginaux déclassés et cela se vérifie même pour les animaux avec ce vieux cheval qui va contribuer à donner un nouveau sens à la vie de Karolina avec l'entraînement puis les compétitions de voltige équestre, ces dernières étant décrites de façon très pittoresque. Précisons que Karolina va vivre ses plus belles années alors que la Tchécoslovaquie est sur le point d'en terminer avec son régime communiste. Le basculement vers le libéralisme correspond au moment où l'écuyère devient femme. Les dernières pages du livre sont les plus belles, avec l'abandon de l'innocence et de l'insouciance en quelque sorte, pourtant vécues au sein d'une société autoritaire et repliée sue elle-même. Un paradoxe que Ursula Kovalyk explique et exprime avec mélancolie et émotion dans une langue simple et attachante.

 

 

L'auteure :

 

Ursula Kovalyk est née le 31 décembre 1969 à Kosice (Slovaquie). L'un de ses romans, Femme de seconde main, a été traduit en français.

 


01/05/2019
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La confidente du maître (Diavolina)

C'est bon, vous êtes prêt ? Vous avez bien respiré ? Voilà, si vous décidez de vous plonger dans Diavolina de l'auteur hongrois György Spiro, sachez que vous n'aurez aucune possibilité de faire de pause (le livre est constitué d'un unique chapitre) et que vous allez être précipité dans un maelström de sentiments et de péripéties impliquant un nombre de personnages considérable (une centaine d'après l'index en fin d'ouvrage) lesquels apparaissent et disparaissent sans que vous ayez parfois eu le temps de faire connaissance. Malgré sa relative minceur (230 pages), Diavolina est bourré d'informations autour de la vie de la susdite, entrée comme domestique au service du grand écrivain Maxime Gorki et devenue au fil des années sa fidèle confidente, voire sa douce amie, quoique l'auteur laisse planer le mystère sur ce sujet. Si la relation entre la femme du peuple et son célèbre maître constitue la chair du livre, c'est aussi la vie intellectuelle et politique de l'URSS de l'époque stalinienne qui nous est contée vue par Diavolina qui n'est dupe de rien et surtout pas de la comédie du pouvoir qui serait grotesque si elle n'était pas aussi tragique car jonchée de cadavres. Les femmes de Gorki, les amitiés de Gorki, les méandres de la vie publique de Gorki, les relations avec les écrivains étrangers de Gorki (de Wells à Malraux), la maladie et la mort de Gorki : tout est décrit par le menu une Diavolina ironique au regard acéré. Un roman qui aurait pu être passionnant mais qui exige une attention de tous les instants et finit par être sacrément étouffe-chrétien, enfin plutôt orthodoxe vu le contexte. Un livre que l'on termine avec le sentiment du devoir accompli et content de passer à autre chose d'un peu moins roboratif.

 

 

L'auteur :

 

György Spiro est né le 4 avril 1946 à Budapest. Il est dramaturge, romancier et traducteur.

 


28/02/2019
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Exils sans frontières (Vilnius, Paris, Londres)

Les lecteurs français ont découvert l'ukrainien Andreï Kourkov (qui écrit en russe) en mars 2000 avec la parution du Pingouin, un roman loufoque et absurde. Tiens, s'est-on dit, voici un Paasilinna d'Europe de l'Est ! Depuis, sans oublier son sens de la fantaisie, l'écrivain a donné une tonalité plus "sérieuse" à ses livres de Laitier de nuit au Concert posthume de Jimi Hendrix. Vilnius, Paris, Londres est peut-être le plus ambitieux de ses romans, un pavé impressionnant de près de 650 pages qui, cette fois, quitte l'Ukraine pour la Lituanie. 4 récits alternent, avec 3 jeunes couples dont 2 ont choisi de partir hors du pays au moment de l'ouverture des frontières en décembre 2007. Et Kourkov suit également un très vieil homme, lesté d'une jambe de bois, qui parcourt l'Europe des fins fonds de la Lituanie à Dunkerque, à pied et en stop. Il faut un temps d'adaptation qui dure une centaine de pages mais ensuite on s'attache énormément à ces lituaniens en exil (à Paris puis dans le Nord de la France ; à Londres puis dans le Kent) ou restés en Lituanie, dans un village à peine répertorié sur les cartes. A travers ces différents destins, Kourkov ausculte l'idée d'un "rêve européen" en montrant également la part de chimères et de désillusions qu'il recouvre. Au demeurant, le livre s'attachant au quotidien de ses personnages semble s'ancrer dans une narration empreinte de réaliste. Ce qui est loin finalement d'être le cas tant l'onirisme contamine de plus en plus le roman en lien avec une évocation du passé guerrier de l'Europe (c'est là où le personnage du voyageur prend toute sa signification). L'exil, même sans frontières, revêt pour Kourkov des formes plutôt surprenantes avec les métiers exercés par ses héros : clown à l'hôpital ou encore fabricant de cages à lapin. Quant à ceux qui sont restés en Lituanie, ils se lancent dans la teinture pour animaux. Mais finalement, ce sont bien la mélancolie et le désenchantement qui dominent dans ce roman qui prend tout son temps, et c'est loin d'être un reproche, pour nous familiariser avec des personnages complexes mais décidés à profiter de toutes les opportunités offertes par l'espace européen. On a été très heureux, en tous cas, d'avoir fait ce bout de chemin avec eux.

 

 

L'auteur :

 

Andreï Kourkov est né le 23 avril 1961 à Budogochtch (Russie). Il a écritaine une quinzaine de romans dont Le pingouin, Laitier de nuit et Le concert posthume de Jimi Hendrix.

 


18/10/2018
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Une enfance albanaise (L'été d'Olta)

Ornela Vorpsi est une artiste multicartes. Peintre, photographe, vidéaste et romancière, entre autres. Cette albanaise a écrit plusieurs livres en italien avant de passer au français avec son avant-dernier livre, Tu convoiteras. Au moment où elle publiait L'été d'Olta, elle exposait à Tirana, ville où elle n'habite plus depuis longtemps mais qu'elle n'a jamais perdu de vue. Tout naturellement, L'été d'Olta est une histoire purement albanaise, le quotidien = d'une fillette qui doit ressembler quelque peu à celle qu'elle a vêcu à la fin des années 70. Avec un père arrêté et emprisonné pour des raisons politiques et une mère, très belle et un peu instable qui a fait de sa fille son souffre-douleur. Dans ce contexte, Olta grandit en se posant des tas de questions sur le sens de la vie, essayant de comprendre de quel bois est fait son pays, qui après s'être allié avec l'URSS, s'est acoquiné avec la Chine avant de reprendre son splendide isolement. Une Albanie où règne la méfiance et la délation. La plume d'Ornela Vorpsi exhale des parfums d'une enfance confrontée à un monde d'adultes, cruel et souvent incompréhensible. Plus qu'un récit à progression dramatique, la romancière décrit des sentiments et des étonnements dans un style impressionniste qui rend la lecture plutôt agréable même si non mémorable.

 

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L'auteure :

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Ornela Vorpsi est née le 7 août 1968 à Tirana. Elle a publié 7 romans en France dont Buvez du cacao Van Houten et Tu convoiteras.


24/07/2018
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Jeunesse sans repères (Camarade Anna)

Camarade Anna : le titre du roman d'Irina Bogatyreva, le premier traduit en français, fleure bon l'époque soviétique. Et pourtant non, le livre est très actuel, portrait de la jeunesse russe d'aujourd'hui, urbaine en tous cas, et plus précisément moscovite. Ceux qui connaissent la ville ne manqueront d'ailleurs pas de se retrouver en terrain familier tellement sa description est précise et très évocatrice. A travers ses deux personnages principaux, Valia et donc Anna, l'un plutôt fataliste et doux, l'autre enragée et passéiste, l'auteure nous parle de l'absence de repères de cette jeunesse presque autiste vivant dans une société vendue au consumérisme et ne trouvant, dans le cas d'Anna, que l'idéologie communiste comme béquille pour vivre. L'histoire d'amour que vivent ces deux protagonistes est forcément singulière pour des caractères aussi différents, comme si une héroïne de Tolstoï rencontrait un garçon issu d'un roman de Tourgueniev ou de Gogol. Il y a beaucoup de finesse psychologique chez Irina Bogatyreva mais aussi de lucidité sociale sans oublier une manière très intelligente de faire progresser son intrigue avec parfois une fantaisie inattendue. A sa façon, elle est l'héritière des grands écrivains russes, avec un style limpide et un art très juste de portraitiste qui ne cherche pas à imposer de jugement en laissant le lecteur libre de faire son travail d'imagination. On a maintenant hâte de découvrir d'autres romans de cette auteure aussi précieuse que Gouzel Iakhina, dans un tout autre registre. La femme serait-elle l'avenir de la littérature russe ?

 

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L'auteure :

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Irina Bogatyreva est née en 1982 à Kazan (Russie). Elle a publié 5 livres.


14/04/2018
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Un goût d'Europe centrale (Felix Austria)

A cette époque, l'Autriche-Hongrie s'étendait de Sarajevo à Cracovie et des frontières de la Suisse à celles de la Russie tsariste. Le roman de Sophia Andrukhovych, Felix Austria, se déroule durant toute l'année 1900, aux confins de l'empire, plus précisément dans la petite ville de Stanislaviv, l’actuelle Ivano-Frankivsk (à l'ouest de l'Ukraine). Un goût d'Europe Centrale, pour sûr, en des temps plutôt heureux où différents peuples aux diverses appartenances religieuses se côtoyaient sans heurts. L'auteure ne lésine pas sur les longues descriptions de la vie quotidienne dans cette cité cosmopolite avec une attention particulière pour la nourriture, sa principale héroïne étant particulièrement douée pour mitonner de bons petits plats. L'intérêt documentaire y est mais le luxe de détails a tendance à alourdir la lecture d'autant que la trame narrative, autour de la relation étroite entre la narratrice, Stefania, cuisinière et domestique, et sa maîtresse, Adèle, avec laquelle elle a grandi, est complexe voire même souvent contradictoire entre attachement et conflits. Pour tout dire, l'état psychologique de Stefania et sa manière d'interpréter les comportements de ses proches est assez difficile à comprendre. Il est donc aisé de se laisser gagner par l'ennui dans ce roman qui aurait pu être écrit il y a 100 ans mais sans avoir la clarté et l'intelligence des récits de Stefan Zweig. C'est une déception.

 

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L'auteure :

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Sofia Andrukhyovich est née le 17 novembre 1982 à Ivano-Frankirsk (Ukraine). Elle a publié 5 ouvrages.


16/03/2018
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Truculence et noirceur moldaves (Les enseignements d'une ex-prostituée à son fils handicapé)

Ni son titre : Les enseignements d'une ex-prostituée à son fils handicapé, qui n'est pas conforme au contenu du livre, ni sa quatrième de couverture, qui résume imparfaitement les cheminements du récit, ne rendent vraiment justice au deuxième livre de Savatie Bastovoi traduit en français. Le roman est construit autour d'une petite dizaine de personnages ayant un rapport avec un jeune garçon dont la mort dans un orphelinat ne s'explique pas. Il y a là notamment deux adolescents, l'un handicapé, l'autre pas, qui se sont enfuis dudit orphelinat, le directeur de l'établissement qui pratique allègrement le détournement de l'aide humanitaire, la mère du gamin décédé qui vit en Italie, etc. Tout un petit monde décrit dans une veine picaresque et humoristique qui ne cherche pas à dissimuler une grande noirceur correspondant à l'état des lieux en Moldavie, pays libéré de la férule soviétique et indépendant depuis 1991, et considéré comme le plus pauvre d'Europe avec 1/4 de sa population active qui a tenté sa chance hors de ses frontières. Si la plume truculente et parfois poétique de Savatie Bastovoi l'éloigne un peu de Vladimir Lortchenkov (Des mille et une façons de quitter la Moldavie), davantage axé sur l'absurde et le loufoque, les deux écrivains partagent la même vision sinistre et sans doute réaliste de leur pays natal. Bastovoi, lui-même, a une biographie assez pimentée entre son passage par un hôpital psychiatrique dans sa jeunesse et son exercice des "métiers" d'éditeur, d'enseignant, d'écrivain et de ... moine ! Décidément, dans sa vie comme dans son oeuvre, cet homme n'est pas ordinaire.

 

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L'auteur :

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Savatie Bastovoi est né le 4 mai 1976 à Chisinau (Moldavie). Il a été traduit en français pour la première fois avec Les lapins ne meurent pas.


16/02/2018
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Lviv, Lvov, Lwow (Une ville à coeur ouvert)

Lviv est une ville de l'ouest de l'Ukraine, a 70 kilomètres de la frontière polonaise, inscrite au patrimoine mondial de l'Humanité. Son histoire, mouvementée, a été marquée par différentes "occupations" : polonaise, autrichienne, soviétique, avant l'indépendance de l'Ukraine. Son nom, lui-même, a fluctué au fil du temps : Lemberg, Lwow, Lvov. Rien qu'au vingtième siècle, la cité pourrait être une symbole des convulsions de l'histoire. C'est en tous cas l'ambition de Zanna Slovionowska dans son roman Une ville à coeur ouvert, récit imbriqué de la vie de 4 générations de femmes vivant dans le même appartement. Malheureusement, l'auteure passe sans transition d'une époque à une autre, créant une sorte de confusion narrative dans cet incessant va et vient dans le siècle passé. Il n'existe aucune progression de l'intrigue dans le livre sachant que l'événement le plus important, la mort de la mère de la narratrice, intervient dès les premières lignes. Les portraits des 4 femmes et notamment leur relation plus ou moins contrariée à l'art ne sont pourtant pas inintéressants mais trop diffus et guère fluidifiés par un style un peu froid. Dommage, Une ville à coeur ouvert possède un vrai potentiel gâché par une construction trop disparate.

 

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L'auteure :

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Zanna Sloniowska est née en 1978 à Lviv (Ukraine). Son premier roman a té précédé par l'édition d'un album historique de sa ville natale.


26/01/2018
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Le promeneur de Belgrade (Journal de l'hiver d'après)

On avait laissé le narrateur de Côme à la fin de sa villégiature, sur une note plutôt rassurante. Au début de Journal de l'hiver d'après, un peu de temps a passé et notre héros (écrivain de son état) revient d'un séjour à l'hôpital puis en maison de repos où il a notamment réappris l'usage de ses deux jambes. Le livre est le récit de 4 mois dans l'existence d'un homme revenu de l'enfer de l'alcool, convalescent et philosophe, qui passe ses journées comme un retraité, à arpenter les rues de sa ville, à rencontrer quelques uns de ses amis, à observer surtout le spectacle du monde qui l'entoure. Si ses jambes n'ont plus leur vigueur d'antan, le promeneur de Belgrade (40 ans à peine) a gardé l'esprit vif et la capacité de ce contenter de petits bonheurs quotidiens quand la mélancolie ne le terrasse pas. Ainsi va la vie de ce personnage qui n'attend que peu de l'existence mais n'est pas devenu cynique ou amer pour autant. Sdrjan Valjarevic a écrit un livre volontairement modeste dans son propos, qui n'a pas l'ampleur du magnifique Côme mais qui nous attache profondément à cet homme sans ambitions et qui souffre occasionnellement dans sa chair. Valjarevic est aussi un poète et plusieurs pièces en prose trouvent leur place dans le livre, témoignant d'une sensibilité et d'un humour permanents. A la fin de Journal de l'hiver d'après, on a hâte de savoir si, après cet hiver, il y aura une nouvelle renaissance pour ce flâneur professionnel. Ce sera peut-être pour un prochain roman de cet auteur dont on apprécie l'éloge de la lenteur et de l'observation et la délicatesse du trait.

 

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L'auteur :

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Sdrjan Valjarevic est né le 16 juillet 1967 à Belgrade. Il est poète et romancier (Côme).


20/11/2017
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Ultra urbaine solitude (Femme de seconde main)

Tiens, un roman slovaque s'est immiscé dans la jungle de la rentrée littéraire.  Cela mérite un coup d'oeil tant la littérature de ce pays d'Europe Centrale nous est à peu près inconnue. Femme de seconde main, voici un titre qui perturbe quelque peu mais attention, rien d'équivoque là-dedans. Gabriela, l'héroïne, a atteint les trente ans et décidé de quitter sa petite ville pour la grande (Bratislava, sans doute, mais jamais nommée) et de créer sa propre activité, dans un domaine a priori peu concurrentiel. En effet, elle prétend offrir, à ceux et celles qui le souhaitent, une amitié rémunérée, dans des conditions que ses futurs clients décideront. Le roman va ainsi suivre les interventions de Gabriela  dans les existences de trois individus, soit, pour résumer, un handicapé souffrant d'une maladie dégénérative, une "Fashion Victim" mariée à un homme qui a deux fois son âge et une femme d'affaires acariâtre, assez souvent alcoolisée. Trois tempéraments abrasifs que Gabriela, bien que plutôt cool, a du mal à canaliser dans l'exercice d'une fonction dont les limites, malgré la signature de contrats, sont assez peu claires. Le livre louvoie entre chaque "client", prétexte pour Ursula Kovalyk à une radiographie douce-amère d'un pays qui gère tant bien que mal l'époque post-communiste et à une description minutieuse de l'ultra solitude urbaine. La romancière, de par une plume relativement relâchée, cherche plutôt la légèreté et son ton primesautier et drolatique, s'il s'avère plutôt agréable, a quelque chose d'un peu superficiel et finit par manquer de substance. Sans doute consciente qu'elle ne peut enchainer les péripéties ad libitum, l'auteure a la bonne idée d'opérer un véritable tournant dans son récit, autour de la 200ème page. Ce qui permet illico de relancer un intérêt qui menaçait de tomber. Vives et amusantes, les dernières pages de Femme de seconde main permettent de laisser le lecteur sur une excellente note. Ce dernier ne repoussant absolument pas l'idée de revenir vers la romancière slovaque, dès qu'une nouvelle traduction sera disponible.

 

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L'auteure :

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Ursula Kovalyk est née le 31 mars 1969 à Kosice (Slovaquie). Poète, dramaturge et romancière, elle publie depuis 2002.


18/10/2017
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